Indicateur 2 Qualiopi : mesurer et exploiter ses résultats

« L’indicateur 2 du critère 1 du RNQ impose à tout organisme de formation de diffuser des indicateurs de résultats chiffrés, adaptés à ses prestations et accessibles au public.

Un manquement entraîne une non-conformité mineure. Mais attention, une non-conformité mineure non levée peut être requalifiée en majeure à l’audit de surveillance.« 

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En bref, dans cet article :

  • L’indicateur 2 impose de publier des résultats chiffrés, adaptés et accessibles au public
  • Ces indicateurs doivent être clairs, à jour et adaptés à vos formations 
  • Ils servent à prouver la qualité et à piloter votre activité
  • Exigences clés : données datées, sourcées, à jour et cohérentes 
  • Non-conformité mineure possible, mais devient majeure si non corrigée

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Ce que dit le texte officiel

L’indicateur 2 est formulé ainsi dans le Référentiel National Qualité (RNQ), établi par le décret n°2019-565 du 6 juin 2019 :

« Le prestataire diffuse des indicateurs de résultats adaptés à la nature des prestations mises en œuvre et des publics accueillis. »

Le niveau attendu, précisé dans le guide de lecture, est le suivant : mettre en place, suivre et diffuser des indicateurs chiffrés permettant d’évaluer les résultats des prestations au regard des objectifs définis.

C’est un indicateur commun à tous les prestataires, quelle que soit la catégorie d’action (formation continue, bilan de compétences, VAE, apprentissage). Il fait partie des 22 indicateurs socles que tout organisme doit respecter.

Pourquoi cet indicateur compte vraiment

On pourrait croire que publier quelques chiffres sur son site suffit. En réalité, l’indicateur 2 touche à quelque chose de plus fondamental : la transparence envers les futurs apprenants, les financeurs et les partenaires. 

Un organisme qui affiche des résultats clairs, datés et sourcés démontre qu’il pilote réellement son activité. Il ne se contente pas de former, il mesure l’impact de ses formations. C’est précisément ce que Qualiopi cherche à vérifier.

Concrètement, cet indicateur sert à trois choses en même temps :

  • Informer les bénéficiaires avant leur inscription, pour qu’ils puissent choisir en connaissance de cause.
  • Piloter l’activité en interne, en identifiant les formations qui fonctionnent bien et celles qui méritent d’être améliorées.
  • Rassurer les financeurs (OPCO, France Travail, régions) sur la qualité réelle des prestations.

Quels indicateurs de résultats choisir ?

Le RNQ ne fixe pas de liste obligatoire. Il exige que les indicateurs soient adaptés à la nature des prestations et aux publics accueillis. Le guide de lecture précise qu’il doit y en avoir au moins deux, et qu’ils doivent être chiffrés.

Voici les indicateurs les plus couramment utilisés selon le type de prestation :

Pour les organismes de formation continue

Le taux de satisfaction des apprenants est le plus répandu. Il doit être accompagné d’éléments de contexte : nombre de répondants, période concernée, échelle de mesure utilisée. Un taux de 94 % sans précision sur le nombre de personnes interrogées n’a aucune valeur probante lors d’un audit.

  • Le taux d’achèvement (ou taux d’abandon) complète utilement le taux de satisfaction. Il indique la proportion d’apprenants ayant suivi la formation jusqu’à son terme.
  • Le taux de réussite aux évaluations ou certifications, lorsque la formation prépare à un titre ou à un examen, est un indicateur particulièrement attendu.
  • Le taux d’insertion professionnelle ou de retour à l’emploi peut être pertinent pour certaines formations à visée professionnalisante. 

Pour les CFA

Les centres de formation d’apprentis ont une obligation spécifique : ils doivent se référer aux données publiées sur InserJeunes, la plateforme officielle de diffusion des indicateurs apprentissage.

Si les données InserJeunes ne sont pas disponibles (formation trop récente, effectifs insuffisants), le CFA doit alors produire ses propres indicateurs selon les modalités du guide de lecture.

Pour les bilans de compétences et la VAE

Les indicateurs doivent refléter les résultats propres à ces prestations : taux de bénéficiaires ayant défini un projet professionnel, taux de dossiers VAE déposés, taux de validation totale ou partielle, etc.

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Les exigences concrètes de l'auditeur

Lors de l’audit, l’auditeur ne se contente pas de vérifier que des chiffres existent. Il vérifie que ces chiffres sont :

Accessibles au public avant toute inscription.Ils doivent figurer sur vos supports d’information : site internet, plaquettes, livrets d’accueil, rapports d’activité. Un document interne non diffusé ne suffit pas.
Datés et sourcés.Chaque indicateur doit mentionner la période de référence et le nombre de bénéficiaires pris en compte. Un taux calculé sur 3 personnes n’a pas la même portée qu’un taux calculé sur 150.
Mis à jour régulièrement.Des données vieilles de trois ans ne reflètent plus la réalité de votre activité. La mise à jour annuelle est la pratique minimale attendue.
Adaptés à vos prestations.Afficher un taux d’insertion professionnelle pour une formation bureautique de deux jours n’a pas de sens. L’indicateur doit être cohérent avec l’objectif de la formation.
Calculés de façon transparente.Indiquer la méthode de calcul (nombre de répondants, critère de réussite retenu, source des données) renforce la crédibilité de vos chiffres et évite toute contestation.

Ce qui provoque une non-conformité

L’indicateur 2 ne peut donner lieu qu’à une non-conformité mineure. Cela signifie que l’auditeur ne peut pas bloquer votre certification sur ce seul point. Mais une non-conformité mineure non levée dans les délais impartis (6 mois) est requalifiée en non-conformité majeure à l’audit de surveillance.

Les situations les plus fréquentes qui déclenchent un écart :

  • Des indicateurs présents mais insuffisamment détaillés (pas de période, pas de volume de bénéficiaires).
  • Des données non accessibles au public ou enfouies dans un document interne.
  • Des indicateurs non adaptés à la nature des formations (indicateur générique appliqué à toutes les formations sans distinction).
  • Des chiffres non mis à jour depuis plus d’un an. 

Comment mettre en place vos indicateurs en pratique

La difficulté n’est pas de trouver des indicateurs, c’est de les produire de façon systématique et traçable. Voici une méthode simple.

Étape 1 : Identifier vos 3 à 5 indicateurs pertinentsChoisissez des indicateurs que vous pouvez réellement calculer avec les données dont vous disposez. Mieux vaut 3 indicateurs solides que 8 indicateurs approximatifs. Pour un OF classique, le taux de satisfaction, le taux d’achèvement et le taux de réussite aux évaluations forment déjà une base solide.
Étape 2 : Définir une méthode de calcul fixeDocumentez précisément comment chaque indicateur est calculé. Cette documentation est elle-même un élément de preuve que vous pouvez présenter à l’auditeur.
Étape 3 : Collecter les données à chaque fin de formationQuestionnaire de satisfaction envoyé systématiquement, suivi des présences, résultats aux évaluations : ces données doivent être collectées formation par formation, pas reconstituées a posteriori.
Étape 4 : Consolider et diffuser au moins une fois par anRegroupez vos données dans un tableau de synthèse, calculez vos indicateurs sur la période de référence, et mettez à jour vos supports de communication. La date de mise à jour doit apparaître clairement.
Étape 5 : Conserver les preuvesGardez les questionnaires remplis, les exports de votre outil de gestion, les captures d’écran de votre site avec les indicateurs affichés. Ces preuves datées sont ce que l’auditeur examinera.

Ce que l'indicateur 2 révèle sur votre démarche qualité

Un organisme qui suit régulièrement ses indicateurs de résultats ne le fait pas uniquement pour l’audit. Il le fait parce que ces données lui permettent de s’améliorer.

Un taux d’abandon en hausse sur une formation ? C’est un signal. Un taux de satisfaction qui baisse sur une session particulière ? C’est une information exploitable. Ces données alimentent directement votre démarche d’amélioration continue, qui est au cœur de l’indicateur 32 du RNQ.

En ce sens, l’indicateur 2 n’est pas une contrainte administrative. C’est un outil de pilotage qui, bien utilisé, renforce la qualité réelle de vos formations et la confiance de vos apprenants et financeurs.

Checklist : êtes-vous conforme sur l'indicateur 2 ?

Point de contrôleConforme ?
J’ai défini au moins 2 indicateurs de résultats chiffrés
Mes indicateurs sont adaptés à la nature de mes formations
Ils mentionnent la période de référence
Ils mentionnent le nombre de bénéficiaires concernés
Ils sont accessibles au public (site, plaquette, livret d’accueil)
Ils ont été mis à jour dans les 12 derniers mois
Je conserve les preuves de collecte (questionnaires, exports)
Pour les CFA : j’ai vérifié la disponibilité des données InserJeunes

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FAQ

L’indicateur 2 est-il obligatoire pour tous les organismes ?

Oui, c’est un indicateur commun qui s’applique à tous les prestataires, quelle que soit la catégorie d’action. La seule exception concerne les organismes qui interviennent exclusivement en sous-traitance : dans ce cas, la diffusion des indicateurs incombe au donneur d’ordre, et l’indicateur 2 ne leur est pas applicable.

Combien d’indicateurs de résultats faut-il publier ?

Le guide de lecture mentionne des indicateurs au pluriel, ce qui implique au minimum deux indicateurs distincts. Il n’y a pas de maximum fixé. L’essentiel est que les indicateurs choisis soient pertinents, calculés de façon rigoureuse et adaptés à vos prestations.

Peut-on utiliser uniquement le taux de satisfaction ?

Non. Le taux de satisfaction seul ne suffit pas. Il doit être accompagné d’au moins un autre indicateur de résultats (taux d’achèvement, taux de réussite, taux d’insertion, etc.) pour répondre à l’exigence du pluriel et couvrir différentes dimensions de la qualité.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour ses indicateurs ?

La mise à jour annuelle est la pratique minimale attendue. Les données doivent refléter une réalité récente. Des indicateurs non mis à jour depuis plus d’un an peuvent être considérés comme insuffisamment détaillés lors de l’audit.

Un nouvel entrant peut-il être non conforme sur l’indicateur 2 à l’audit initial ?

Non. Pour les nouveaux entrants, l’auditeur vérifie uniquement la formalisation du processus à l’audit initial. La mise en œuvre effective est évaluée à l’audit de surveillance. En revanche, si aucun processus n’a été formalisé, une non-conformité peut être relevée dès l’audit initial.

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