Former « sur le poste », beaucoup d’entreprises le font déjà. Mettre en place une AFEST (action de formation en situation de travail), c’est plus exigeant : on transforme une activité réelle en situation d’apprentissage, avec des temps dédiés et des preuves traçables.
Si vous visez (ou détenez) Qualiopi, l’AFEST est une excellente carte à jouer… à condition de la structurer.
En bref, dans cet article :
- Former sur le poste ≠ AFEST : une AFEST transforme le travail réel en situation d’apprentissage structurée
- Elle repose sur 4 piliers : analyse du travail, tuteur désigné, réflexivité, évaluation.
- En Qualiopi, c’est l’indicateur 28 qui s’applique.
- L’auditeur vérifie la co-construction avec l’entreprise et les preuves terrain.
1) AFEST : de quoi parle-t-on exactement ?
Le Code du travail rappelle qu’une action de formation est un parcours pédagogique visant un objectif professionnel ; elle peut être réalisée à distance et aussi en situation de travail.
L’AFEST est donc une modalité « officielle » de la formation pro, et non un simple apprentissage « sur le tas ».
Pour être une AFEST au sens réglementaire, le décret fixe quatre ingrédients : analyse de l’activité, désignation préalable d’un formateur (fonction tutorale), phases réflexives distinctes des mises en situation, et évaluations spécifiques des acquis (en cours et/ou en fin d’action).
L’Anact insiste sur ce caractère structuré et sur l’alternance entre mise en situation réelle et réflexivité.
2) Le lien direct avec Qualiopi : l’indicateur 28
Dans le Référentiel national qualité (RNQ), l’indicateur 28 est explicite : lorsque vos prestations comprennent des périodes de formation en situation de travail, vous devez mobiliser votre réseau de partenaires socio-économiques pour coconstruire l’ingénierie et favoriser l’accueil en entreprise.
En audit, l’idée est simple : montrer que l’entreprise (ou la structure d’accueil) n’est pas un décor. Elle participe au cadrage (objectifs, situations de travail, contraintes), au suivi, et à la sécurisation de l’accompagnement. En ce qui concerne les preuves à fournir, votre boussole reste le RNQ et les textes officiels.
3) Les bonnes pratiques qui font la différence (et qui résistent à l’audit)
Cadrer par la compétence et la situation de travail
Démarrez par un objectif opérationnel : « réaliser X, selon Y critères, avec tel niveau d’autonomie ». Puis choisissez les situations de travail qui permettent vraiment d’apprendre pas seulement de produire. Ce cadrage servira aussi à l’évaluation.
Faire une vraie analyse du travail (pas un paragraphe vague)
L’analyse de l’activité est une exigence réglementaire.
Sur le terrain, c’est surtout un accélérateur : vous repérez les étapes clés, les aléas, les erreurs typiques, les règles qualité/sécurité, et ce qu’il faut aménager pour apprendre sans mettre en risque la production.
Une grille d’observation simple (étapes / critères / erreurs) suffit souvent.
Choisir un formateur-tuteur « capable d’accompagner »
Le décret prévoit la désignation d’un formateur pouvant exercer une fonction tutorale.
En pratique : temps alloué, rôle, points d’étape… et des outils (guide de questionnement, grille de feedback). Sinon, l’AFEST se résume vite à « j’ai montré une fois ».
Mettre la réflexivité au centre (c’est là que l’apprentissage se fait)
La réflexivité doit être distincte du temps de travail : c’est une séquence prévue, guidée, tracée.
Après chaque mise en situation, faites verbaliser l’apprenant (ce qu’il a fait, pourquoi, où il a hésité), puis reliez aux attendus. L’Anact rappelle que ce retour sur l’action transforme l’expérience en apprentissage consolidé.
Travailler le partenariat entreprise comme une co-construction
Une AFEST doit intégrer des évaluations spécifiques qui jalonnent ou concluent l’action.
Privilégiez une évaluation critériée (autonomie, respect des règles, qualité du résultat) et, si possible, une auto-évaluation avant/après : c’est simple et très parlant.
Évaluer des acquis, pas seulement constater une présence
C’est le cœur de l’indicateur 28 : l’entreprise participe à l’ingénierie et à l’accueil.
Un cadrage partagé (objectifs, planning, conditions d’accueil, accès aux ressources), puis des points de suivi, suffisent souvent à « sécuriser » la démarche. Pour traduire tout ça en langage d’audit, certains retours d’expérience sont utiles
Les pièges classiques (faciles à éviter)
La plupart des non-conformités viennent de trois choses : un tuteur « nommé » mais indisponible, des phases réflexives improvisées (ou inexistantes), et des évaluations trop subjectives.
Un autre écueil fréquent : choisir une situation de travail trop complexe dès le début, qui met l’apprenant en difficulté et pousse le tuteur à « faire à sa place ». Mieux vaut des boucles courtes, progressives, et tracées.
4) Le dossier de preuves : léger, mais béton
Qualiopi évalue des processus : ce qui n’est pas tracé est difficile à auditer. Gardez une logique simple : cadrage → mise en œuvre → réflexivité → évaluations → bilan.
Checklist (à adapter à vos prestations) :
- fiche de cadrage / protocole individualisé (objectifs, compétences visées, situations de travail, durée, planning) ;
- trace d’analyse de l’activité (grille, points de vigilance, adaptations pédagogiques) ;
- désignation du formateur-tuteur + éléments montrant sa capacité à accompagner ;
- supports et traces des phases réflexives (guides, comptes-rendus, carnet d’apprentissage) ;
- évaluations jalonnées + évaluation finale (grilles, résultats, décisions) ;
- preuves de partenariat et d’accueil en entreprise (convention, mails, compte-rendu de cadrage, charte d’accueil).
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Qualiopi n’est pas un monstre inaccessible, mais une démarche structurée. Mieux vaut s’appuyer sur des informations fiables et des outils éprouvés pour la réussir sans stress. Si vous avez des questions, nous sommes là pour vous accompagner dans chaque étape.
À retenir
Une AFEST « qui marche » n’est ni une formation théorique déplacée en atelier, ni un tutorat informel : c’est une ingénierie fondée sur le travail réel, une alternance faire / réfléchir, et des évaluations solides. C’est aussi exactement ce que Qualiopi attend quand il y a des périodes en situation de travail, via l’indicateur 28.
Si votre objectif est d’aller vite sans oublier une pièce, partir de modèles déjà structurés (cadrage, grilles, évaluations, preuves) puis les adapter à votre contexte fait gagner un temps précieux, c’est l’esprit des kits de documents Qualiopi pré-remplis proposés sur Fastcertif.


